Caroline Coppé

Un homme avec peu d’atouts

 

 

J’ai compris, tardivement dans ma vie d’adulte, que tout le monde ne méritait pas ma sincérité, ni mon authenticité. Cela fut un choc. La sincérité est tellement visible sur un visage. Elle se concentre dans une mimique peu travaillée. Comment, dès lors, la réserver à certains, la cacher à d’autres ?

Je me suis alors résigné à dissoudre cette tendance naturelle. J’ai d’abord supprimé les mots, ceux émanant d’un registre trop émotif. Cela fut simple. Mais que faire des mimiques ? J’appris, vaille que vaille, à afficher un visage dépourvu de toute manifestation, je n’ai cessé de m’exercer à la fadeur. Plus de gestuelles, plus de couleurs, peu de mots. J’étais un homme sans gouffre apparent. Je contrôlais mes émotions, totalement. Mon visage, désormais impassible, était de marbre. Mais, du coup, il devint assez inutile. Ne sachant trop qu’en faire, je le réduisis à la plus simple expression.  Puis, allant bon train et vu le succès de mon entreprise, j’éliminai d’autres surplus. Par ici un bras, par là une jambe. Ce ne fut guère facile, je le concède. Ce fut même un peu douloureux. Aujourd’hui, je vis avec peu. Quelques haussements d’épaule et encore, seulement si cela s’avère absolument nécessaire.

 

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ISSN : 2425-5947    

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