Fragment nocturne

 

 

 

Dans la nuit je t'ai vue marcher pieds nus

sur le corps sombre et humide de la Terre.

J'ai vu la cime fière de la montagne

suivre tes pas de fée par-delà la plaine oubliée.

Je t'ai vue, penchée, allaitant l'enfant que je fus

-Épaisses gouttes sur mes lèvres sèches- 

J'ai maintenu ma vie pour te parler de lui 

dans l'infini silence cherchant l'eau qui te frôle. 

Ne te souviens-tu donc pas, Ô ma mère, 

comme la plaine est lourde après la pluie ?

 

 

 

 

 

Catherine Ferrari