Fabien Pio

 

Extraits de Diffractions

 

 

 

pressentir les racines
paralysante perception
d’une permanence souterraine


éprouver la limite
frontière ancrée
ferme


où l’on discerne l’impossibilité
d’aller au-delà
de ces quelques mots


alors
en rester là


noyé


avec pour seule langue
cette traînée
d’air

 

**

 

c’est en inspirant expirant
cet éther
encore un matin encore
comme le café
refuge
avant de franchir
la frontière
qu’on se heurte


répulsion désir face
à la nécessité
ou à la faim
de scruter plus bas
interroger les sédiments


sans n’avoir aucune idée
de ce qui s’y confine


ni même
de ce
qu’on souhaiterait
vacillant
y déterrer