Regards

d'

art

sur

Joë Fernandez

Jean-Claude Goiri

Par

La plage. Ce lieu en équilibre entre la terre ferme et la mer mouvante, ce lieu où les corps vacants, débarrassés de leur bleu de travail, déshabillés de leur fonctionnalité, prennent le temps de se suspendre à la pensée des autres.
Joë Fernandez, en choisissant le papier kraft, fusionne la couleur chair des corps avec celle du sable. En quelques lignes souples tracées à la pointe fine d’un feutre, il nous propose des instantanés de scénettes dans un paysage animé de pois, rayures et autres motifs semblables les uns aux autres. Mais ces scénettes dépassent les frontières de la plage, elles deviennent universelles. Nous nous prenons à penser à la place des personnages. Nous nous prenons à penser à la place de ces objets. Comme ce « brise-vent 3 », dont seul le vent fait claquer la solitude. L’absence de l’Homme alors ne fait que renforcer sa présence, il émerge de tous les coins du kraft. Cet objet humain gonflé de solitude nous renvoie, encore une fois, à des histoires d’Hommes.
Parce que Joë Fernandez, d’un coup de feutre, nous raconte mille histoires : histoires d’objets suspendus aux corps ; histoires de corps suspendus aux Hommes ; histoires de votre regard suspendu à une image.
La série La plage parle de chacun de nous : un équilibre entre terre ferme et mer mouvante.

Jean-Claude Goiri

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ISSN : 2425-5947    

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