Zakane

 

 

 

 

 

(Je connais peu de choses. Je ne sais que le trop du peu. La table de l'enfance m'a vite oublié. Préférence d'herbes hautes et d'arbres pleinement ouverts. Mon école, le chemin. Je me souviens des neiges parce que nous creusions le sol pour préparer l'hiver. J'écoute l'oiseau parfois et dans son chant, j'imagine notre chant. Je connais bien peu de choses. L'air, le feu, la terre et tout ce qui s'assemble. J'ai cru un jour aux fourmis comme des soldats et ma sandale, alors, a fait le nécessaire. Le chien aboyait et je faisais comme lui. On fermait ma fenêtre, je demandais "pourquoi ?". Je suis un peu perdu et ce n'est pas nouveau. Ma mère me cherchait souvent quand mes pattes s'usaient sur les sentiers des questions folles. Il fallait que je rentre. Je voulais juste attendre car je n'avais pas encore faim. Je sais très peu de choses. Je commence le savoir. C'est mon âge qui fait ça. Nous nous détériorons quand l'aube, enfin, se lève.)